Est-il seulement possible, aujourd'hui, de penser la ville dans la plénitude de son rapport avec le paysage? Il faut sans doute, pour cela, consentir à suspendre la primauté de l'une, la «récessivité» de l'autre. Voilà en tout cas l'un des chemins qu'emprunte ce livre: il explore le statut hybride, complexe, voire paradoxal de la réalité urbaine face à l'inertie des doctrines urbanistiques. Il en évoque le non-dit, puis éveille le soupçon qu'un consensus, fut-il subliminal, conditionne l'idée que nous nous faisons du territoire et contribue à diluer l'urbanisation contemporaine, à l'organiser en précepte périphérique. Or la réalité urbaine émerge différemment, en marge de telles manoeuvres. En traitant de stratégie d'inversion conceptuelle et de (re)naturation, en enrichissant la lecture urbaine de la science de la compléxité et en l'éloignant de son penchant structuraliste, les auteurs de cet ouvrage voudraient nous sensibiliser à la réalité plus pondérée du paysage urbain contemporain.
Très richement illustré par de nombreuses photographies couleur, cet ouvrage interdisciplinaire est l'un des premiers en langue française traitant de la question de la complexité dans les domaines de l'architecture, de la ville, du paysage et du territoire.
Introduction, Pieter Versteegh - Complexes du paysage / urbain, Pieter Versteegh - La ville potentiel, Vincent Kaufmann - La planète fractale, Michel Malet - Bucarest, Complex(c)ités naturelles, Florinel Radu - Le territoire inversé, Elena Cogato Lanza - Les Pays-Bas ou la nature inventée, Nicolas Pham- Emergences en architecture, Pieter Versteegh - Lutte raisonnée, Alain Julliard - Notices biographiques - Bibliographie.
VERSTEEGH PIETER
Pieter Versteegh est professeur à l'Ecole d'ingénieurs et d'architectes de Fribourg. Il a enseigné en tant que professeur invité à l'EPFL, au Berlage Institute à Amsterdam et à l'Université de Kentucky. Cofondateur de l'Institut PIA à Genève, il a initié, conduit et participé à plusieurs séminaires, recherches, expositions et publications. En tant qu'architecte il a notamment participé à la réalisation du "Latenium" (Musée d'archéologie de Neuchâtel), et d'habitations groupées à Genève et aux Pays-Bas.