Présentation de l'éditeur :
Georges-Henri Pingusson est l’une des figures les plus marquantes et les plus originales du Mouvement moderne en France. En cinquante ans de carrière, cet architecte aborde tous les programmes et développe, dès les années 1930, un style très personnel, qui le distingue de tous ses contemporains.
Sensible, à la fin des années 1920, à la problématique du régionalisme – il construit plusieurs villas sur la Côte basque et la Côte d’Azur –, Pingusson obtient une reconnaissance internationale avec la livraison, en 1932, de l’hôtel Latitude 43 à Saint-Tropez, œuvre atypique et ingénieuse, où l’architecte met en place le système de l’éclairage bilatéral. Au centre du débat sur l’architecture moderne entre les deux guerres, Pingusson refusera cependant de céder à la logique de la production de masse après 1945.
En 1953, Georges-Henri Pingusson est choisi, par l’association d’anciens déportés « Le Réseau du Souvenir », pour la conception du Mémorial des martyrs français de la déportation, situé à la pointe de l’île de la Cité à Paris. Livrée en 1961, cette œuvre est considérée comme l’une des plus fortes de l’architecture d’après-guerre.
À la fois leçon d’architecture et lieu de mémoire, cet aménagement témoigne de la culture et de la sensibilité de son concepteur.
L’ouvrage à paraître est la première monographie consacrée à Georges-Henri Pingusson. Il est issu d’une thèse de Doctorat en Histoire de l’art, soutenue en 1998 à l’université de Paris-Sorbonne. L’auteur s’est principalement appuyé, pour son étude, sur le fonds d’archives laissé par l’architecte. Cet exceptionnel ensemble de dessins et de documents écrits, ouvert tardivement aux chercheurs, avait jusqu’alors été peu exploité. D’autres sources ont également été consultées, notamment pour l’histoire du Mémorial, dont la reconstitution minutieuse a été rendue possible grâce au récent dépôt des archives du « Réseau du Souvenir » aux Archives nationales.
Techniques & architecture, décembre 2006 – janvier 2007
par Emmanuel Vicarini
Une somme ! Un ouvrage dont tout architecte rêve qu’un jour l’on consacre à son œuvre. Un livre où nous voyons les trois vies de G.-H. Pingusson s’entremêler. Enfant choyé, broyé par la der des der, cet ingénieur architecte, disparu voilà près de trente ans, après plus de 53 ans d’exercice, fut reconnu d’emblée par Le Corbusier et Perret. Père spirituel de Claude Parent, il fut professeur « d’architecte » prônant un anti-dogmatisme viscéral qui se retrouve dans ses éditoriaux, de Techniques & architecture, entre autres. Précurseur d’un Nouvel ou d’un Herzog & De Meuron, pour lui, la forme suit l’aura du lieu ! L’auteur fait revivre l’homme, à travers son œuvre : l’hôtel Latitude de 1930 de Saint-Tropez, l’exceptionnel Mémorial de la Déportation de 1953 à Paris, à la pointe amont de l’Île de la Cité, et le village provençal du Grillon de 1975, une réhabilitation bénévole. Mais, malgré sa liberté, ou à cause d’elle, sa piètre capacité à se placer sur la scène architecturale française, l’écarte de la gloire. Le drame d’une vie, de sa vie ! À l’heure où les idéologies s’effacent au profit des stratégies, ceux qui cultivent les dispositifs au détriment de la pensée peuvent en faire leurs choux gras.
Libération, jeudi 7 décembre 2006
Première monographie de l’architecte clermontois (1894-1978), figure du mouvement moderne français, concepteur, entre autres, du mémorial des Martyrs français de la déportation, sur l’île de la cité, à Paris. Ni fonctionnaliste ni expressionniste, Pingusson se voulait « un créateur indépendant, novateur et traditionnel à la fois ».