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Le Corbusier et le Japon

 

Gérard Monnier

 
Le Corbusier et le Japon
Editeur: Picard
Collection:
Parution: 01-01-07
Broché
Langue: Français

EAN13: 9782708407206

Disponibilité : 24H
32.00 € 30.40 €
 
 

Présentation de l'éditeur :

Aucun autre pays que le Japon n'a fait une telle place à Le Corbusier, à ses disciples et aux architectes qu'il a longtemps inspirés. Nulle part ailleurs, ses écrits n'ont été si rapidement traduits, publiés et commentés. Ce sont les jeunes architectes japonais, attirés par le prestige des textes de Le Corbusier, qui ont donné le départ d'un formidable intérêt pour l'agence de la rue de Sèvres; cet intérêt pour l'architecte était d'ailleurs sélectif, il laissait de côté aussi bien l'urbanisme que l'oeuvre plastique du dessinateur ou du peintre, et combinait plusieurs images successives de Le Corbusier, qui était d'abord, dans les années 1920 et 1930, un «jeune héros», puis, après 1945, un «maître» du modernisme, et enfin, l'architecte de référence d'une nouvelle approche de l'espace qu'au Japon, en raison des conditions d'une intense démarche de modernisation, on expérimente avec passion. Jusqu'à présent cependant cette relation de Le Corbusier avec le Japon n'avait pas fait l'objet d'une étude. A côté des grandes sagas, celle de Le Corbusier en Amérique latine, celle de Le Corbusier en URSS, la relation de Le Corbusier avec le Japon était demeurée une page blanche, qui attendait son approche, son écriture, ses interprétations. C'est ce qu'apportent les travaux du colloque réuni àTokyo en 1997, que nous présentons ici aux lecteurs de langue française.

Extrait de la préface de Jean-Marie Bouissou :

Le Japon de Le Corbusier

Il serait plus exact d'intituler cette préface «Les Japon (s) de Le Corbusier», ou même «Les Japon(s) des Le Corbusier», tant il apparaît, à la lecture des travaux rassemblés dans cet ouvrage, que la réception du grand architecte dans l'Archipel a été diverse et que la manière dont son oeuvre y faisait sens a changé selon les moments. Étirée sur un demi-siècle, des années 1920 aux années 1960, la relation entre Le Corbusier et le Japon s'inscrit dans l'histoire d'un pays qui subit, pendant cette période, les traumatismes de l'agression étrangère et d'un bouleversement socio-économique complet, et qui vit sa relation au monde extérieur et à sa propre identité sur un mode dramatique. Quand les «bateaux noirs» (kurofune) du commodore Perry forcent la baie d'Edô en 1853, le pays bande toute son énergie pour préserver son indépendance. En un demi-siècle, il devient une puissance capable de vaincre la Russie en 1905, mais échoue à se faire admettre par l'Occident sur un pied d'égalité. Sous l'effet de cette frustration, des tensions extrêmes engendrées par un état de mobilisation quasi permanent et des profonds déséquilibres créés par un processus de modernisation à marche forcée, il s'engage dans une aventure démesurée, qui se termine par l'apocalypse d'Hiroshima. Pour la première fois de son histoire, le Japon est défait, ruiné, occupé. Mais vingt-trois ans plus tard, il sera devenu la deuxième puissance économique du monde libre...
C'est à la lumière de cette histoire brutale, chaotique et formidablement dynamique, dont elle épouse les différentes périodes, qu'il faut analyser la relation du maître de l'architecture moderne avec l'Archipel.