Présentation de l'éditeur :
Le cas de Pierre Chareau est rare dans l’histoire de l’architecture
puisqu’une unique maison témoigne de son œuvre et lui vaut d’être
admiré aujourd’hui, même si sa production, couvrant aussi l’aménagement
intérieur et les meubles, ne peut se ramener à cette seule réalisation.
La Maison de verre apparaît en effet comme l’œuvre majeure de Pierre
Chareau, architecte, décorateur, meublier et assemblier, réalisée entre
1928 et 1931 en collaboration avec l’architecte Bernard Bijvoet et des
artisans ébénistes et ferronniers, pour le docteur Jean Dalsace et son
épouse Annie Bernheim-Dalsace. Elle témoigne à la fois de sa maîtrise
de la conception de l’espace et de sa connaissance précise des
matériaux.
La façade sur cour est complètement vitrée : une structure métallique
tramée soutient des panneaux en pavés de verre, matériau réservé
auparavant aux édifices industriels. Ce traitement novateur réforme
l’idée même de façade, conçue ici comme une membrane lumineuse, une
enveloppe translucide. La structure, faite de poutres et poutrelles en
acier, les canalisations et les conduits restent visibles, transformant
ainsi les éléments utilitaires en principes décoratifs. A l’intérieur,
la mobilité de nombreux éléments rend l’espace dynamique, véritable
“machine à habiter”. Les chambres s’isolent par des portes-placards, en
bois ou en métal, qui coulissent et pivotent. L’agencement des pièces
témoigne d’un esprit d’invention, d’une conception spatiale
sophistiquée tout en répondant à des exigences fonctionnelles et un
assemblage judicieux des espaces publics et privés. Au rez-de-chaussée,
la maison comporte initialement le cabinet du docteur Jean Dalsace,
commanditaire et ami. D’autres usages se mêlent : au premier étage, les
espaces de réception et la bibliothèque, au second les chambres, mais
aussi une aile de service héritée des demeures bourgeoises
traditionnelles. L’ensemble, ultra-moderne et très lumineux, réussit
ainsi à concilier ces différents usages et à pallier les contraintes du
site.